Luciano Pavarotti, le maestro
Né à Modène le 12 octobre 1935 de Fernando Pavarotti, boulanger chanteur, et d’Adèle Venturini, employée d’une fabrique de cigares, Luciano Pavarotti est souvent cité comme le plus grand et le plus populaire chanteur d’opéra depuis Enrico Caruso. Ténor italien, décédé le 06 septembre 2007 dans la ville qui l’a vu naître, il a chanté les plus grands airs de bel canto, notamment ceux de Verdi et de Puccini, mais a également collaboré avec des artistes issus de divers univers musicaux comme Queen, U2, Sting, Elton John, Céline Dion, James Brown, Dolores O’Riordan ou encore les Spice Girls.
En plus de 40 ans de carrière, il a contribué à populariser la musique classique au cours de nombreux concerts télévisés, particulièrement lors des séries de représentations des « Trois Ténors » avec Placido Domingo et José Carreras. L’ensemble de ses ventes d’albums est estimé à 100 millions d’exemplaires.
Pavarotti a également usé de sa popularité pour œuvrer au sein d’actions de charité via des concerts dont les fonds étaient récoltés pour des organisations caritatives (aide aux réfugiés, Croix-Rouge…).
Issu d’une famille modeste, il vécut sa petite enfance avec ses parents et sa sœur Gabriella au sein d’un petit deux-pièces. Selon Pavarotti, son père possédait de réels talents de ténor mais ne put envisager une carrière à cause de sa nervosité. La Seconde Guerre mondiale a contraint la famille Pavarotti à quitter la ville pour s’exiler à la campagne où le jeune Luciano développa un certain intérêt pour les travaux de la ferme.
Après avoir abandonné le rêve de devenir gardien de but au football, Pavarotti passe 7 années à étudier le chant. Ses premières influences sont celles des enregistrements paternels, c’est-à-dire les ténors les plus célèbres de l’époque (Benjamino Gigli, Giovanni Martinelli, Tito Schipa et Enrico Caruso). Le préféré de Pavarotti et son idole était Guiseppe Di Stefano. Il fut également profondément fasciné par Mario Lanza, allant jusqu’à avouer : « Dans ma jeunesse j’avais l’habitude d’aller voir les films de Mario Lanza puis en rentrant à la maison je l’imitais dans le miroir ». Aux environs de 9 ans il commença à chanter avec son père dans une petite chorale d’église locale.
Après une enfance somme toute normale ponctuée d’un intérêt tout particulier pour le sport et notamment le football, son diplôme de « Scuola Magistrale » en poche, il dut faire face à un choix crucial pour son avenir professionnel. Personnellement il était très attiré par une carrière de gardien de but professionnel mais sa mère le décide de suivre une formation d’enseignant. Après deux années passées au sein d’une école élémentaire il abandonna pour se consacrer uniquement à la musique. Conscient des risques encourus, son père lui donna son accord mais à contre cœur.
Luciano Pavarotti débuta des études sérieuses de musique en 1954 à l’âge de 19 ans avec Arrigo Pola, un professeur réputé et un ténor professionnel résidant à Modène qui proposa de lui enseigner le chant sans aucune rémunération. C’est à partir de cet instant seulement qu’il découvrit qu’il avait l’oreille absolue, c’est-à-dire la faculté de pouvoir identifier une note musicale en l’absence de référence. En Occident seule une personne sur 10 000 serait dotée d’une oreille absolue.
En 1955 il connut son premier succès en chantant au sein de la Chorale Rossini, une chorale masculine à laquelle appartenait aussi son père, et qui remporta le Premier Prix à l’International Eisteddfod de Llangollen au Pays de Galles. Plus tard il a avoué que ce fut l’expérience la plus importante de sa vie et que c’était ce qui l’avait décidé à devenir professionnel. C’est à cette époque qu’il rencontra Adua Veroni qu’il épousa en 1961 et dont il eut 3 filles (nées en 1962, 1964 et 1976). Le 14 janvier 2003 il eut une quatrième fille, Alice, avec son assistante et secrétaire, Nicoletta Mantovani, qu’il épousa le 23 décembre 2003.
Lorsque son professeur, Arrigo Pola, s’installa au Japon, Pavarotti devint l’élève d’Ettore Campogalliani qui enseignait aussi à son amie d’enfance, Mirella Freni dont la mère travaillait avec celle de Pavarotti dans la fabrique de cigares. Comme Pavarotti, Freni a réalisé une grande carrière au cours de laquelle ils ont partagé de nombreux concerts et réalisé de mémorables enregistrements ensemble.
Au cours de ses années d’études musicales, Pavarotti occupe des emplois à temps partiels afin de subvenir à ses besoins (il fut d’abord enseignant puis agent d’assurance). Les six premières années il n’apparut que dans peu de récitals, tous dans des petites villes et toujours gratuitement. Quand un nodule se développa sur ses cordes vocales, engendrant une prestation désastreuse à Ferrara, il décida d’arrêter de chanter. Pavarotti attribua sa guérison immédiate à sa décision qui avait eu un impact majeur sur son psychisme. Quoi qu’il en soit le nodule avait disparu.
CARRIERE
Années 1960-1970
Pavarotti débuta sa carrière de ténor dans de petites salles d’opéra italiennes. C’est avec le rôle de Rodolphe dans « La Bohême » que le 29 avril 1961 il connait son premier vrai succès lors d’une interprétation au Théâtre Municipal, en Emilie-Romagne.
Petit à petit il commence à se faire un nom dans toute l’Europe. Le 23 février 1963 il débute à l’Opéra de Vienne avec le même rôle puis en mars et avril 1963, toujours à Vienne, il enchaîne « La Bohême » et « Rigoletto ».
Toujours en 1963 on lui propose de remplacer au pied levé Guiseppe Di Stefano, malade, pour le rôle de Rodolphe joué à Londres au Covent Garden. Le public du Royal Opera House est sous le choc tant Pavarotti a relevé le défi de main de maître.
Bien que très réussis, les premiers rôles de Pavarotti ne l’ont pas immédiatement projeté dans la gloire qui fut la sienne ultérieurement. Une de ses plus belles chances fut sa connivence avec Joan Sutherland et son chef d’orchestre de mari, Richard Bonynge, qui en 1963 cherchait un ténor plus grand qu’elle afin de l’accompagner dans une tournée en Australie. Dépassant aisément les 1m80 et doté d’un physique imposant, Pavarotti apparut comme idéal. Ensemble ils donnèrent plus de 40 concerts en 2 mois. Plus tard, Pavarotti remercia Sutherland pour lui avoir enseigné sa technique de respiration qui lui servit tout au long de sa carrière.
Pavarotti fait ses débuts aux Etats-Unis en février 1965 avec le Grand Opéra de Miami, interprétant « Lucia di Lammermoor » de Donizetti, aux côtés de Joan Sutherland sur la scène du Miami Dade County. Le ténor qui devait officier ce soir-là est tombé malade, sans doublure. C’est Joan Sutherland qui recommanda Pavarotti qui voyageait en sa compagnie, car il connaissait bien le rôle.
Peu de temps après, le 28 avril 1965, il débute à la Scala de Milan dans la célèbre réalisation de Franco Zeffirelli de « La Bohême » avec pour partenaire son amie d’enfance, Mirella Freni, interprétant le rôle de Mimi ainsi qu’avec Herbert von Karajan à la direction.
Après une tournée le menant jusqu’en Australie, Pavarotti revient à la Scala où il ajoute Tebaldo de « I Capuleti e i Montecchi » à son répertoire le 26 mars 1966, aux côtés de Giacomo Aragall en Roméo.
Le 02 juin 1966, il apparaît pour la première fois en Tonio dans l’opéra de Donizetti « La Fille du Régiment » au Covent Garden.
Le 20 novembre 1969 il triomphe à Rome dans « I Lombardi alla prima crociata » face à Renata Scotto. C’est aussi son premier opéra enregistré et mis en vente par la suite. Ce premier enregistrement comprend également des airs de Donizetti, de Verdi et « L’Elisir d’Amore » avec Joan Sutherland. Cette année-là il enregistre aussi « I Puritani » de Vincenzo Bellini avec Mirella Freni en Elvira et Riccardo Muti.
Sa notoriété éclate aux Etats-Unis le 17 février 1972, avec « La Fille du Régiment », au Metropolitan Opera de New York. Là, le maestro parvient à enchaîner avec une facilité déconcertante les neuf contre-uts de l’air « Ah ! Mes amis, quel jour de fête ! ». Cette interprétation lui vaut 17 rappels, ce qui est exceptionnel dans le monde lyrique.
Dès lors, ce succès au Metropolitan Opera est une référence dans sa carrière et la prestation est de nombreuses fois retransmise à la télévision. Ainsi sa diffusion, en mars 1977, dans « Live from the Met telecat » crée la plus grande audience jamais obtenue pour un opéra télévisé. Parallèlement à ce succès, il remporte de multiples Grammy Awards ainsi que des disques d’or.
Le 01 février 1973 il participe à un récital au William Jewell College à Liberty dans le Missouri. Transpirant énormément à la fois à cause de la nervosité et du froid ambiant, le ténor se mit à serrer un mouchoir. Ce comportement devint sa particularité durant ses prestations individuelles.
En 1976, Pavarotti fait ses débuts au Festival de Salzbourg, apparaissant dans un récital solo le 31 juillet 1976, accompagné par la pianiste Leone Magiera. Il revint à ce festival en 1978 pour un récital et en tant que chanteur italien de « Der Rosenkavaler" puis en 1983 avec « Idomeneo », en 1985 et 1988 pour des récitals en solo.
En 1977 il apparaît en couverture de l’hebdomadaire « Time ». La même année il effectue son retour à l’Opéra de Vienne après 14 années d’absence. Sous la direction d’Herbert von Karajan, il interprète Manrico dans « Il Trovatore ».
En 1978 il donne un récital solo au Lincoln Center.
Années 1980-1990
Au début des années 80, il crée « The Pavarotti International Voice Competition" pour les jeunes chanteurs, concluant l’épreuve en chantant avec les vainqueurs. En 1982 il interpréta « La Bohême » et « L’Elixir d’Amour ». Pour la seconde séance, en 1986, il reprend « La Bohême » et « Un Ballo in Maschera ».
Pour célébrer ses 25 ans de carrière, il invite les vainqueurs italien à des récitals de « La Bohême » à Modène et Gênes ainsi qu’en Chine. Il achève sa tournée au Great Hall of the People à Pékin devant 10 000 spectateurs, recevant une standing ovation pour les 9 contre-ut réalisés avec aisance. Les gagnants de la 5° édition ont eu le privilège de l’accompagner lors de représentations à Philadelphie en 1997.
Dans le milieu des années 80, Pavarotti effectue son retour sur la scène de deux opéras qui ont énormément compté à ses débuts : l’Opéra de Vienne et la Scala de Milan.
Les Viennois ont le bonheur de voir Pavarotti en Rodolphe dans « La Bohême » sous la direction de Carlos Kleiber et toujours en compagnie de Mirella Freni en Mimi ; puis en Nemorino dans « L’Elixir d’Amour », en Radames dans « Aïda » sous la direction de Lorin Maazel, en Rodolfo dans « Luisa Miller » de Verdi et en Gustavo dans « Un Ballo in Maschera » dirigé par Claudio Abbado. En 1996, il apparaît pour la dernière fois à Vienne dans « Andrea Chenier ».
En 1985, Pavarotti interprète Radames à la Scala en compagnie de Maria Chiara dans une production de Luca Ronconi dirigée par Lorin Maazel et enregistrée en vidéo. Sa performance sur l’air de « Celeste Aïda » lui valut deux minutes d’ovation lors de la soirée d’ouverture.
Ensuite il fut réuni à Mirella Freni pour une production de l’Opéra de San Francisco de « La Bohême » en 1988, également enregistrée en vidéo.
En 1992, les spectateurs de La Scala purent admirer Pavarotti dans une nouvelle production de Zeffirelli sur « Don Carlo » sous la direction de Riccardo Muti.
La célébrité de Pavarotti s’accrut encore en 1990 quand son interprétation de « Nessun Dorma », air issu de « Turandot » de Puccini, est choisi pour être la chanson thème de la BBC TV lors de la Coupe du Monde de Football 1990 en Italie. L’air acquiert un statut comparable aux succès pop et devient sa chanson fétiche. Ce succès se confirme par l’énorme triomphe du concert des « Trois Ténors" donné la veille de la finale de la Coupe du Monde aux anciennes Thermes de Caracalla à Rome, en compagnie de Placido Domingi et José Carreras, sous la direction de Zubin Mehta, qui est devenu la meilleure vente de disques classiques de tous les temps. Le point culminant de ce concert survient quand Pavarotti s’envole sur l’air de « O Sole Mio » et qu’il est imité par Domingo et Carreras pour le plus grand plaisir des spectateurs ; cet instant est devenu l’un des moments les plus mémorables dans l’histoire de l’opéra contemporain.
Tout au long des années 90, Pavarotti se produit dans de nombreux concerts en plein air comme à Hyde Park, à Londres, qui attira une affluence record de 150 000 personnes. En juin 1993, ce sont plus de 500 000 personnes ainsi que plus d’un million de téléspectateurs qui assistent au spectacle du maestro en direct de Central Park à New York. En septembre de la même année, ce sont 300 000 personnes qui se déplacent au pied de la Tour Eiffel pour son concert.
Comme en 1990, le concert des « Trois Ténors » a lieu durant la Coupe du Monde de football : à Los Angeles en 1994 sous la direction Zubin Mehta, devant plus d’un million de spectateurs et téléspectateurs ; à Paris en 1998 dans un décor signé par le producteur Tibor Rudas, sous la direction du pianiste et chef d’orchestre, James Levine ; et à Yokohama en 2002.
Cependant l’ascension de Luciano Pavarotti vers la célébrité n’est pas sans difficultés. En effet, il gagne très vite le sobriquet de « Roi des annulations » dans le monde de l’opéra car il est trop tributaire d’une santé relativement fragile, ce qui l’amène à décommander certaines prestations. Ces désistements provoquent des problèmes avec certains opéras comme celui de Chicago avec lequel il entretient de très mauvaises relations. Ardis Krainik de l’Opéra de Chicago a malheureusement mis en évidence qu’en huit ans Pavarotti avait annulé 26 des 41 concerts initialement prévus dont, une saison, il a prévenu de son retrait 15 jours avant le début des répétitions en prétextant une sciatique nécessitant deux mois de traitement. La colère de Krainik fut telle qu’il l’interdit à vie et cette onde de mécontentement fut ressentie dans tout le monde de l’opéra.
Années 2000
En 2002, Pavarotti se sépare de celui qui a été son manager pendant 36 ans, Herbert Breslin. La séparation, plutôt houleuse, est suivie en 2004 de la publication d’un livre de Breslin intitulé « Le Roi et Moi » qui est heureusement perçu par beaucoup comme une œuvre chargée d’amertume et de recherche du sensationnel. L’auteur y affirme l’incapacité de Pavarotti à lire la musique et à apprendre les rôles, il y décrit la conduite personnelle du ténor sous un jour loin d’être flatteur. Le 12 septembre 2005, dans un entretien accordé à Jeremy Paxman sur la BBC, Luciano Pavarotti rejette les allégations comme quoi il ne sait pas déchiffrer la musique mais admet qu’il éprouve parfois des difficultés à suivre les consignes des chefs d’orchestre.
Au cours de sa carrière, Pavarotti a reçu de nombreuses récompenses comme en 2001 le Kennedy Center Honors. Il détient actuellement deux records : celui du plus grand nombre de rappels (165) et celui des meilleures ventes mondiales pour un album classique (record partagé avec Placido Domingo et José Carreras pour le concert des « Trois Ténors »).
Pavarotti entame sa tournée d’adieu en 2004, à l’âge de 69 ans, en chantant pour la dernière fois à travers le monde les airs les plus connus et précieux de l’opéra. Il donne son ultime concert au Metropolitan Opera le 13 mars 2004. Il y reçoit 12 minutes d’ovation pour son interprétation du peintre mario Cavaradossi de la « Tosca » de Puccini.
Le 01 décembre 2004 il annonce les quarante villes dans lesquelles il effectuera sa tournée d’adieu, produite par Harvey Goldsmith. Son ultime spectacle s’est achevé en décembre 2005.
En mars 2005 il avait dû subir une intervention chirurgicale dans le cou afin de réparer deux vertèbres.
Au début 2006, il subit une nouvelle opération du dos mais contracte un virus tandis qu’il est hospitalisé à New York, ce qui l’oblige à annuler des concerts aux USA, au Canada et au Royaume-Uni.
Le 10 février 2006, Pavarotti interprète « Nessun Dorma » à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver 2006 à Turin (Italie) ; c’est sa dernière apparition publique sur une scène. Il s’y montre très affaibli tant par la maladie que par l’âge (70 ans). Son interprétation est si émouvante qu’il reçoit la plus longue et la plus importante des ovations de la nuit par un public venu du monde entier.
Les dernières années, le ténor avait dû composer avec une santé devenue encore plus fragile. Déjà opéré d’une tumeur en juillet 2006, hospitalisé à nouveau le 09 août 2007, il décède dans la nuit du 05 au 06 septembre 2007 d’un cancer du pancréas dans sa villa de Modène où il avait voulu revenir.
Ses obsèques sont célébrées le 08 septembre en la cathédrale de Modène en présence de 800 personnes proches de la famille ainsi que de nombreux officiels dont :
Le président du conseil Romano Prodi,
Le vice-président Francesco Rutelli,
Les ministres Ricardo Franco Levi, Arturo Parisi, Giulio Santagata et Serafino Zucchelli,
Le maire de Modène George Pighi
Le président de la région Emilie-Romagne Vasco Errani,
L’ambassadeur des USA Ronald Deshabilles,
L’ambassadeur de Monaco Philippe Blanchi,
L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan,
Le directeur général du FAO Jacques Diouf,
Le secrétaire d’Etat du Vatican le cardinal Tarcisio Bertone,
Ses amis chanteurs, Bono, Caterina Caselli, Jovanotti, Zucchero
Le ténor Andrea Bocelli
La soprano Mirelli Freni
Le réalisateur Franco Zeffirelli
La danseuse Carla Fracci
Le direteur du Metropolitan Opera de New York, Joe Volpe.
Plusieurs personnalités dont le prince Albert II de Monaco et la soprano Montserrat Caballé ont envoyé des couronnes de fleurs déposées dans la cathédrale.
La cérémonie a été présidée par l’archevêque Benito Cocchi, qui a notamment lu un message du pape. La soprano bulgare Raina Kabaivanska, visiblement émue, a interprété l’Ave Maria tandis qu’à la fin de l’office c’est Andrea Bocelli qui a entonné l’Ave Verum Corpus.
PAVAROTTI AND FRIENDS
Luciano Pavarotti a voué une grande partie de son temps pour des concerts de charité ou des interventions pour des actions humanitaires. Ainsi, de 1992 à 2002, ce sont 7 concerts à portée caritative appelés « Pavarotti and Friends » qui se sont déroulés en direct de la Piazza Grande de sa ville natale de Modène.
Ces prestations, en dehors du but humanitaire, sont également pour lui l’opportunité de s’exprimer dans le domaine de la variété. Ainsi il a chanté avec les artistes les plus reconnus : Mariah Carey, Eric Clapton, Bono, Elton John, Lou Reed, Céline Dion, Joe Cocker, Sting, Bryan Adams, Deep Purple, Jon Bon Jovi ou James Brown, pour ne citer qu’eux. En tout ce sont plus de 100 chanteurs de tous horizons qui ont effectué le déplacement. Par le biais de ces concerts où se mêlaient variété et opéra, Pavarotti a permis à des millions de personnes de découvrir quelques-uns des plus grands airs lyriques. On lui reconnaît ainsi le mérité d’avoir été un des premiers à réussir une certaine vulgarisation de l’opéra auprès du grand public.
Il a participé à des concerts organisés afin de collecter des fonds suite à des tragédies telles que le tremblement de terre de Spitak qui a tué 25 000 personnes dans le Nord de l’Arménie en décembre 1988. A cette occasion il interprète l’Ave Maria de Gounod en duo avec Charles Aznavour.
Il fut un ami intime de la Princesse Diana, aux côtés de laquelle il lutta pour l’élimination des mines terrestres dans le monde entier. A la mort de cette dernière il fut invité pour chanter mais déclina la proposition en invoquant un trop grand chagrin, mais il assista aux funérailles.
En 1998 il a été nommé Messager de la Paix par l’ONU afin d’utiliser sa notoriété pour sensibiliser les populations sur les missions de l’ONU que ce soit les Objectifs du Millénaire, la lutte contre le SIDA, les droits de l’enfant, les bidonvilles ou la pauvreté dans le monde.
En 2001 il a reçu la médaille Nansen du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés pour ses efforts de collecte de fonds au nom des réfugiés dans le monde entier.
Il fut également récompensé par le « Freedom of London Award » ainsi que par la Croix-Rouge qui lui décerna le « Award for Services to Humanity » pour son travail de collecte au sein de cette organisation. En 1998 il fut élu « MusiCares Person of the Year » octroyé par l’Académie Nationale des Arts et Sciences à un héros dans le domaine de l’humanitaire.
Très superstitieux, passionné de chevaux et d’équitation, éternellement en lutte contre son surpoids, par ailleurs excellent cuisinier qui ne gaspillait jamais la marchandise qu’il ne consommait pas mais la faisait remballer en qualifiant cette réaction « d’habitude de pauvres », le maestro ne se séparait jamais de son écharpe lors de ses représentations car cet « outil de travail » qui comptait tant pour lui faisait partie de sa vie depuis le début de sa carrière.
Ses détracteurs pourront continuer à affirmer qu’il ne savait pas lire la musique, qu’importe la vérité, puisque subsiste le gigantesque talent d’un être qui a su engendrer une empreinte indélébile au sein de l’art lyrique par des interprétations hors normes des plus grands classiques, via une intensité, une puissance et une émotion exceptionnelles. Avec Luciano Pavarotti, l’opéra, jadis réservé aux mieux nantis de ce monde, aux seuls individus éclairés, est descendu dans la rue, a trouvé une dimension universelle et éternelle. La générosité de l’homme, sa foi en la vie, sa passion sans frontières pour le chant ont engendré des interprétations comparables à nulles autres. Et comme l’a dit le chef d’orchestre Carlos Kleiber : « Quand Luciano Pavarotti chante, le soleil se lève sur le monde. » Le 06 septembre 2007 c’est un énorme nuage qui a envahi la planète lorsqu’il a rendu son dernier souffle. Son âme s’est envolée vers d’autres contrées où nous espérons qu’il chantera encore pour la nuit des temps. Ici-bas demeure sa voix gravée et son image à travers une multitude d’enregistrements, piètre consolation pour tous ces millions d’admirateurs qui ne pourront jamais plus écouter « Turandot », « Tosca », « Madame Butterfly » ou « La Bohême » sans verser une larme de chagrin. S’il est une certitude c’est que rien ne sera jamais plus comme avant pour les artistes qui prendront le relais de ces chefs-d’œuvre de l’opéra. Impossible de succéder à Pavarotti sans essuyer forcément de fâcheuses comparaisons. Le maestro était unique.