Tosca de Puccini
« Tosca » est un opéra en trois actes de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de Victorien Sardou. Il fut créé le 14 janvier 1900 au Teatro Costanzi de Rome.
C’est dès 1889 que Puccini a songé à mettre la pièce de Sardou en musique mais il a fallu convaincre l’auteur de supprimer le deuxième acte de la création initiale. L’autorisation est finalement obtenue mais il est exigé en contrepartie que la fin de l’ouvrage soit conservée intacte, c’est-à-dire rapide et violente.
La première représentation fut un échec complet. La critique se montre sans pitié. Mais le public, d’abord réticent, va en faire très vite un grand succès populaire. La Scala reprend l’œuvre dès le 17 mars 1900 sous la baguette d’Arturo Toscanini.
Les différents rôles
Floria Tosca, célèbre cantatrice – soprano
Mario Cavaradossi, peintre – ténor
Le baron Scapia, chef de la police – baryton
Cesare Angelotti, prisonnier politique – basse
Spoletta, policier – ténor
Sciarrone, gendarme – basse
Le sacristain – basse
Un géôlier – basse
Un berger – alto enfant ou mezzo-soprano
Soldats, agents de police, nobles, villageois, artisans, chœur.
ARGUMENT
L’action se déroule à Rome en juin 1800. Les troupes françaises ont instauré en 1798 une « République romaine » et Cesare Angelotti figure parmi les consuls. Ferdinand IV et son épouse, la reine Maria Caroline, aidés des Anglais, reprennent la ville l’année suivante. Le baron Scarpia est chargé de mettre sur pied une police secrète. Angelotti est emprisonné pour trahison. C’est sur cette toile de fond que se joue l’opéra.
Acte I
Cinq accords violents joués « tutta forza » évoquant la forte personnalité vindicative de Scarpia introduisent l’œuvre. Le rideau s’ouvre sur l’église Sant’Andrea della Valle.
Le peintre Mario Cavaradossi achève son portrait de Marie-Madeleine, auquel il a donné les traits d’une jeune femme venue récemment longuement prier. Arrive Cesare Angelotti, ancien consul de la République de Rome, venant de s’échapper du château Saint-Ange, où il avait été fait prisonnier politique. Cavaradossi lui promet de l’aider à s’enfuir mais ils sont interrompus par l’arrivée de Tosca et, avant d’être aperçu, Angelotti se cache dans la chapelle familiale.
Floria Tosca, maîtresse du peintre, est une femme extrêmement jalouse. Elle est persuadée que Cavaradossi parlait avec une autre femme. Alors que son amant parvient à la calmer et accepte le rendez-vous proposé pour le soir, Tosca découvre le tableau et, reconnaissant les traits de celle prise pour modèle, nommée l’Attavanti, laisse une fois de plus éclater sa jalousie. Cavaradossi parvient à nouveau à dissiper ses doutes et lui promet de remplacer la couleur bleue des yeux du portrait par du noir.
Après le départ de Tosca, Cavaradossi rejoint Angelotti qui lui apprend que sa sœur, se révélant être l’Attavanti, a caché des habits de femme dans la chapelle afin que son frère puisse s’en vêtir pour s’échapper plus discrètement. Le peintre lui propose de se cacher chez lui, dans un puits aménagé. Un coup de canon tiré depuis le château Saint-Ange signale que l’évasion a été découverte. Les deux hommes quittent rapidement l’église.
Le baron Scarpia, chef de la police, arrive dans le temple. Lorsqu’il découvre la porte ouverte de la chapelle Attavanti, le panier de victuailles vide que Cavaradossi ne souhaitait pourtant pas entamer comme le rapporte le sacristain, le portrait de l’Attavanti et un éventail à ses armes, Scarpia conclut rapidement à la complicité du peintre dans la fuite de son prisonnier.
C’est à ce moment que Tosca fait irruption, revenue pour dire à son amant qu’elle ne pourra pas se rendre à leur rendez-vous du soir, car devant chanter à la place. Scarpia, se servant de l’éventail, va exciter la jalousie de Tosca en sous-entendant certaines relations entre l’Attavanti et Cavaradossi. La cantatrice, furieuse, se jette dans le filet tendu par le chef de la police en se rendant immédiatement à la villa du peintre afin d’y surprendre les prétendus amants, sans se douter que Scarpia la ferait suivre par ses sbires pour découvrir où se cache Angelotti.
L’acte s’achève sur un Te Deum où Scarpia exprime sa volonté de soumettre Tosca à ses désirs en se servant de sa jalousie.
Acte II
Scarpia dîne, seul, dans ses appartements au Palais Farnese, là où Tosca doit chanter. Il rédige un mot à la cantatrice l’invitant à le rejoindre après ses chants. Survient alors Spoletta qui lui annonce que la poursuite de Tosca n’a pas permis découvrir Angelotti, mais l’arrestation de Cavaradossi a eu lieu. En dépit des questions répétées de Scarpia, le peintre nie farouchement avoir aidé le prisonnier à fuir.
A l’arrivée de Tosca, son amant lui fait discrètement savoir que révéler ce qu’elle a vu à la villa revenait à le condamner à mort. Scarpia fait poursuivre l’interrogatoire de Cavaradossi dans une pièce voisine et se consacre à celui de Tosca. Devant son mutisme, il lui fait savoir que son amant est, au même moment, torturé et que ses souffrances cesseront uniquement si elle se décide à parler. Les cris du peintre finiront par faire céder Tosca, qui révèle à Scarpia la cachette d’Angelotti.
Cavaradossi est amené auprès de Tosca ; il la repousse quand il apprend qu’elle a avoué. Ensuite il laisse cependant éclater sa joie lorsqu’un agent de Scarpia rapporte que Napoléon a gagné la bataille de Marengo. Cela provoque la fureur du chef de la police qui le condamne à mort.
Devant les supplications de Tosca, il lui propose de libérer son amant si elle s’offre à lui pour une nuit. Tosca supplie de ne pas exiger d’elle ce sacrifice. A ce moment-là, revient Spoletta qui annonce qu’Angelotti s’est suicidé après avoir été découvert. Il s’enquiert de la marche à suivre pour le prisonnier Cavaradossi. Scarpia se tourne vers Tosca pour lui laisser le choix de l’ultimatum.
Celle-ci finit par accepter son marché. Ne pouvant annuler ouvertement la sentence, il organisera un simulacre d’exécution du peintre avec des balles à blanc. Cependant, Tosca exige un sauf-conduit pour elle et son amant qui leur permettra de quitter Rome en toute sécurité. Toutefois, dès que le chef de la police a achevé son mot et avance vers elle afin de recevoir son dû, elle le tue d’un coup de couteau en pleine poitrine (« Questo è il bacio di Tosca » - C’est ça le baiser de Tosca). Elle s’éclipse ensuite, non sans avoir récupéré le laissez-passer salvateur des mains du mort.
Acte III
Terrasse du château Saint-Ange, petit matin.
On entend le chant d’un jeune berger. Cavaradossi est amené sur les remparts et demande à écrire un dernier mot à sa bien-aimée. Il songe à son bonheur passé auprès d’elle, empli de désespoir.
Tosca survient. Elle l’informe des derniers événements : le chantage de Scarpia, le marché qu’elle a obtenu de lui, le laissez-passer rédigé de ses mains et le fait qu’elle ait fini par le tuer plutôt que de se donner à lui. Soulagé et bouleversé, Cavaradossi loue son courage. Tosca lui explique le rôle qu’il doit jouer durant le simulacre d’exécution, laisser tomber comme un mort de manière crédible lorsqu’il entendra les détonations à blanc des fusils.
Le peloton d’exécution arrive sur les lieux. Le couple se sépare. La fusillade retentit et Cavaradossi s’effondre. Tosca admire la crédibilité de la chute de son amant. Après le départ des soldats, la cantatrice s’approche de lui et l’exhorte à se relever. Horrifiée, elle découvre la perfidie diabolique de Scarpia, car les fusils étaient en fait chargés avec des balles réelles.
Pendant ce temps, le meurtre de Scarpia a été découvert et les sbires du chef de la police se précipitent sur la terrasse pour arrêter Tosca. Emportée par le désespoir, elle se suicide en se jetant dans le Tibre du haut d’une tour du château San-Angelo.
AIRS PRINCIPAUX
Acte I – « Recondita armonia di bellezze diverse » - (Secrète harmonie de beautés diverses)
Cavarossi, s’extasiant devant le portrait de Marie-Madeleine, qui évoque sa maîtresse, Tosca, et provoque l’indignation du sacristain.
Acte II – « Vissi d’arte » - (J’ai vécu d’art, j’ai vécu d’amour).
Chanté par Tosca après que Scarpia lui eut proposé son horrible marché. Marie Jeritza inaugura en 1914 à Vienne la tradition de chanter cet air allongée sur le sol.
Acte III – « E lucevan le stelle » - (Quand les étoiles brillaient et la terre embaumait).
Cavaradossi, avant son exécution, évoque le souvenir de Tosca.
Parmi les plus célèbres cantatrices qui ont interprété le rôle de Tosca, une place particulière est réservée à Maria Callas qui débuta le 27.08.1942 avec ce rôle et acheva sa carrière scénique par cette interprétation fétiche le 05.06.1965. Elle est considérée comme la « Tosca du siècle ».