La Bohême de Pucccini
« La Bohême », opéra en quatre tableaux de Giacomo Puccini, sur un livret en italien de Giacosa et Illica, d’après le roman d’Henri Murger, « Scènes de la vie de bohême ». Composé entre 1892 et 1895, il fut créé le 01.02.1896 au Teatro Regio de Turin sous la direction Arturo Toscanini.
Les différents rôles
Rodolfo, poète – ténor
Mimi, couturière – soprano
Marcello, peintre – baryton
Schaunard, musicien – baryton
Colline, philosophe – basse
Musetta, chanteuse – soprano
Benoît, propriétaire – basse
Alcindoro, conseiller d’état - basse
Parpignol, vendeur de jouets – ténor
Un sergent des douanes – basse
Etudiants – ouvrières – vendeurs de rue – soldats – serveurs – enfants – chœur.
ARGUMENT
L’action se déroule à Paris en 1830 et 1831
Premier tableau – Dans une mansarde parisienne
Rodolfo, Marcello, Schaunard et Colline, quatre artistes de la « bohême », partagent une mansarde insalubre. Rodolfo est poète tandis que Marcello, artiste peintre, entretient une liaison avec la belle et riche Musetta. Ils doivent payer le loyer mais ils n’ont plus un sou.
Marcello est en train de peindre tandis que Rodolfo regard par la fenêtre. Afin de se réchauffer, ils brûlent le drame de Rodolfo, encore à l’état de manuscrit. Colline, le philosophe, entre en colère. Il n’a pas réussi à mettre en gages ses livres. Schaunard, le musicien, arrive dans la pièce avec nourriture, cigares, argent, fruits d’un travail avec un excentrique gentleman anglais. En train de se jeter sur la nourriture, les autres l’écoutent difficilement raconter son histoire. Schaunard les interrompt. Il repousse le repas en déclarant qu’ils vont plutôt aller fêter leur bonne fortune en dînant au Café Momus.
Alors qu’ils boivent, le propriétaire, Benoît, fait son apparition avec l’intention de collecter le loyer. Ils le saoulent. Benoît en vient à raconter ses amours et à révéler l’existence d’une maîtresse, alors qu’il est marié. Feignant une grande indignation, les locataires le jettent dehors.
Rodolfo demeure seul pour finir un article qu’il doit rendre sous peu. Ses trois amis sont descendus et l’attendent. Une femme frappe à la porte. C’est une voisine. Elle demande de l’aide car sa bougie s’est éteinte et elle n’a pas d’allumettes. Sa chandelle rallumée, elle se rend compte qu’elle vient de perdre sa clé. Toutes les bougies s’éteignent. Les voisins se retrouvent plongés dans l’obscurité. Rodolfo retrouve la clé mais l’empoche car il désire passer plus de temps avec cette femme. Il se saisit de sa main, elle est glacée ; elle se présente, on l’appelle Mimi ; il lui déclare son amour (« Che gelida manina »). Mimi lui répond sur le même mode (« Mi chiamano Mimi »). Au bas, les amis de Rodolfo s’impatientent. Rodolfo suggère de rester dans la mansarde mais Mimi décide de l’accompagner. L’acte se clôt par la sortie du couple de l’appartement dans un duo d’amour (« O soave fanciulla »).
Deuxième tableau – Dans le quartier Latin
Une grande foule s’est pressée ; des vendeurs de rue essaient de retenir l’attention (Chœur « Aranci, datteri ! Caldi i marroni »). Les amis apparaissent, pleins de gaieté. Rodolfo achète un bonnet à Mimi. Des Parisiens bavardent avec des amis et marchandent avec les vendeurs ; des enfants s’exclament devant les jouets de Parpignol. Les amis rentrent au Café Momus.
Tandis qu’ils dînent au Café, Musetta, autrefois maîtresse de Marcello, arrive avec un riche et vieux conseiller d’Etat, Alcindoro. Elle parle à ce dernier comme à un petit animal. Il est évident qu’elle est lassée de lui. A la joie des Parisiens et, pour le plonger dans l’embarras, elle entonne une chanson osée (« Quando me’n vo »). Elle espère ainsi retenir l’attention de Marcello et y parvient parfaitement : Marcello n’en peut plus de jalousie. Afin d’être débarrassée d’Alcindoro pour un moment, Musetta prétend souffrir d’un pied et l’envoie chez le cordonnier. Durant l’ensemble qui suit Musetta et Marcello tombent dans les bras l’un de l’autre et se réconcilient.
L’addition est présentée aux protagonistes. A leur consternation, ils se rendent compte que l’argent de Schaunard ne suffit pas. Musetta, rusée, met l’addition complète sur le compte d’Alcindoro. Un bruit de soldats se fait entendre. Marcello et Colline s’emparent de Musetta et la portent sur leurs épaules tandis que la foule applaudit. Lorsque tous ont disparu, Alcindoro est de retour avec la chaussure réparée, tout en cherchant Musetta. Le serveur lui présente la facture. Devant la somme réclamée, Alcindoro s’effondre dans un fauteuil.
Troisième tableau – A la Barrière d’Enfer
Des camelots franchissent les barrières et entrent dans la ville. Parmi eux se trouve Mimi, toussant violemment. Elle est à la recherche de Marcello, qui vit dans une petite taverne. Il peint pour le propriétaire des lieux. Mimi lui raconte ses difficultés avec Rodolfo qui l’a quittée cette nuit (« O buon Marcello, aiuto ! »). Marcello lui révèle que Rodolfo est endormi à l’intérieur. Ce dernier vient juste de se réveiller et cherche son ami. Mimi se cache et écoute Rodolfo raconter à Marcello qu’il est parti parce que Mimi n’arrête pas de jouer les coquettes. Finalement, il avoue la véritable raison : il craint que sa compagne ne soit atteinte d’une maladie la dévastant lentement (sûrement la tuberculose). Rodolfo, trop pauvre, ne peut se révéler d’aucun secours pour elle. Il espère que sa rudesse va amener Mimi à chercher un autre homme, plus fortuné. Mimi, qui a tout entendu, ne peut s’empêcher, en toussant, de révéler sa présence. Rodolfo et Mimi chantent leur amour perdu. Ils élaborent des projets pour se séparer amicalement mais leur amour est trop fort. Ils en arrivent à un compromis : ils se sépareront au printemps, à la saison des fleurs. Pendant ce temps, Marcello a rejoint Musetta et le couple se dispute avec férocité.
Quatrième tableau – De retour dans la mansarde
Marcello et Rodolfo sont apparemment en train de travailler. En fait, ils ressassent la perte de leurs amours (Duo « O Mimi, tu piu non torni »). Schaunard et Colline arrivent un dîner frugal et tous font semblant d’être attablés à un mirifique banquet. Ils dansent et chantent. Musetta arrive et apporte des nouvelles : Mimi, qui avait pris un riche protecteur, vient de le quitter. Musetta l’a trouvée errant par les rues, sévèrement affaiblie par la maladie. Elle la ramène dans la mansarde. Mimi est installée dans un fauteuil. Marcello et Musetta partent céder les boucles d’oreilles de cette dernière pour acheter un remède. Colline va également mettre son pardessus en gage. Schaunard, pressé par Colline, quitte aussi la pièce afin de laisser Mimi et Rodolfo ensemble. Seuls, ils se rappellent leur bonheur passé (Duo « Sono andati ? »). Ils revivent leur première rencontre, les bougies, la perte de la clé… Pour la plus grande joie de Mimi, Rodolfo lui montre le petit chapeau qu’il lui avait acheté. Il l’avait gardé en souvenir.
Les autres reviennent avec un manchon pour réchauffer les mains de Mimi ainsi que des médicaments. Ils informent Rodolfo qu’ils ont appelé un médecin, mais Mimi est déjà évanouie. Alors que Musetta prie, Mimi meurt. Schaunard découvre le décès. Rodolfo devine ce qui vient d’arriver. Il crie avec désespoir le prénom de son amour.
AIRS PRINCIPAUX
« Che gelida manima » - Rodolfo – tableau I
« Mi chiamano Mimi » - Mimi – tableau I
« O soave fanciulla » - Rodolfo et Mimi – tableau I
« Quando me’n vo » - Musetta – tableau II
« Donde lieta usci al tuo grido d’amore » - Mimi – tableau III
« O Mimi, tu piu non torni » - Rodolfo et Marcello – tableau IV
« Vecchia zimarra » - Colline – tableau IV
« Sono andati ? Fingevo di dormire » - Mimi – tableau IV
ORCHESTRATION
Instrumentation de « La Bohême »
Cordes : violons I, II, violoncelles, contrebasse, 1 harpe
Bois : 2 flûtes traversières, piccolo, 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes, 1 clarinette basse, 2 bassons
Cuivres : 4 cors d’harmonie, 3 trompettes, 3 trombones, 1 trombone basse.
Percussions : timbales, tambour, triangle, cymbale, grosse caisse, xylophone, glockenspiel, cloches, verres.