L'éclectisme de Frank Horvat

Publié le par Savannah

 

 

FRANK HORVAT-A

 

 

Né le 28 avril 1928 à Abbazia (Italie) – aujourd’hui Opatija en Croatie – , de parents médecins, juifs originaires de l’Europe Centrale, Frank Horvat vit successivement en Suisse, en Italie, au Pakistan, en Inde, en Angleterre et en France où il s’installe définitivement à la fin des années 50, tout en se rendant régulièrement aux USA et en voyageant fréquemment à travers l’Europe, l’ensemble des continents américains et en Asie.

 

FRANK HORVAT10


Dans le années 50 il a acquis une renommée internationale par ses clichés de mode, considérés comme un renouvellement du genre. Mais son œuvre est éclectique, couvrant la photographie de journalisme, le portrait, les instantanés de rue ainsi que les essais sur la nature et la sculpture. Dans les années 80 il publiera même un recueil d’entrevues avec des photographes réputés puis, dans la décennie suivante, il deviendra l’un des pionniers de la photographie numérique.

 

FRANK HORVAT11


En fait, son parcours de photographe est influencé par une rencontre avec Henri Cartier Bresson en 1950 qui le décide à adopter le Leica puis à entreprendre un voyage de 2 ans en Asie en tant que journaliste indépendant. Premiers succès.

 

FRANK HORVAT17


A partir de 1957 il expérimente la photographie de mode, appliquant son expérience de reporter en adoptant un style plus réaliste, naturel et surtout moins guindé que celui habituellement utilisé dans les magazines de l’époque. Ses publications, parues dans « Elle », « Vogue » et « Harper’s Bazaar », influenceront durablement le domaine.

 

FRANK HORVAT20


Comme pour la majorité des photographes de mode, la période 1965-1975 est synonyme de crise pour Horvat qui enclenche divers projets qui demeureront inaboutis.

 

FRANK HORVAT21


En 1976 il achève sa traversée du désert en réalisant trois essais photographiques entrepris sans commande : « Portraits d’arbres », « Vraies semblances » et « New York, up and down ». Triptyque personnel qui bouleverse son style habituel puisque les trois sont en couleur, ces projets révèlent toute l’étendue du talent de Frank Horvat, l’immensité de sa créativité et le génie de son art.

 

FRANK HORVAT4


En 1985, souffrant d’une affection des yeux, il passe temporairement à l’écriture via un recueil d’entretiens avec des photographes célèbres comme Edouard Boubat, Robert Doisneau, Sarah Moon, Helmut Newton ou Jean-Loup Sieff, par  exemple.

 

FRANK HORVAT6


Dans les années 90 il explore l’utilisation de l’ordinateur ainsi que les manipulations que ce dernier permet au sein de la photographie. Le résultat, entre photographie et peinture, suscite autant d’objections que d’acclamations, notamment dans « Le Bestiaire » et « Les Métamorphoses d’Ovide ».

 

FRANK HORVAT7


Il abandonne assez vite ce style de travail pour se limiter à des interventions plus subtiles de l’ordinateur, privilégiant avant tout le registre de l’instant décisif. Quoiqu’il en soit, force est de reconnaître, que ces expériences demeurent en avance sur leur temps quant à l’innovation qu’elles reflètent.

 

FRANK HORVAT8


A la fin du 20° siècle, il décide de se consacrer à deux projets beaucoup plus personnels : « 1999 » ou le journal photographique d’une année ainsi « La Véronique », du nom de sa propriété provençale dont il immortalise les environs.

 

FRANK HORVAT12


J’ai découvert Frank Horvat via Edouard Boubat qui fut l’un de ses interviewés de l’ouvrage « Entre vues » publié en 1990. D’emblée je fus émerveillée par le contenu du triptyque. Les clichés de « Portraits d’arbres » sont d’une beauté à couper le souffle, une invitation à se projeter d’urgence dans l’univers naturel dont ils sont issus. Ceux de « Vraies semblances » sont d’une originalité époustouflante. En tant que passionnée de photographie, je suis sincèrement « jalouse » de ne pas pouvoir réaliser un chef-d’œuvre aussi puissant en créativité tout en demeurant d’une sobriété exemplaire. Dans « New York, up and down » c’est l’émotionnel-même du photographe qui transparaît à travers ses photos, un sensoriel chargé d’une sensibilité intense voire exacerbée par le mal dont souffrait l’auteur mais également à cause des conditions climatiques dans lesquelles elles étaient conçues (chaleur ou froid extrêmes).

 

FRANK HORVAT14


Dans un second temps je fus subjuguée par le génie suprême de Frank Horvat à subjuguer l’ordinaire de nos quotidiens à travers son journal photographique « 1999 ». En capturant judicieusement la lumière, la scène la plus banale révèle ses mystères les plus secrets et engendre un émerveillement indescriptible. A l’inverse de la tendance qui invite à mettre en exergue le superlatif et l’exceptionnel, Frank Horvat s’attache à dévoiler la magie de l’habituel qui nous entoure mais auquel on ne prête plus guère d’attention. Il en est de même dans « La Véronique » où la maîtrise technique parvient à se faire oublier au profit de la sensibilité, de l’émotion pure et simple devant une coupe de fruits ou un visage d’enfant. Des scènes coutumières se trouvent transcendées par la capture judicieuse de la lumière, de l’atmosphère, prises instantanées baignées de douceur et de vérité.

 

FRANK HORVAT5


A tous je recommanderais simplement un détour indispensable sur le site officiel de l’artiste. Lieu magique et très complet, réfléchissant majestueusement toute la polyvalence des compétences artistiques de Frank Horvat. Cette visite est un pur moment de bonheur qui provoque une réflexion légitime sur la fécondité infinie de la photographie. (www.horvatland.com)

 

FRANK HORVAT


Publicité

Publié dans Photographie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article