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"L'homme supérieur c'est celui qui d'abord met ses paroles en pratique et ensuite parle conformément à ses actions" - Confucius


"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots" - Martin Luther King


"Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité" - Antoine de Saint-Exupéry

 

"Le temps ne transforme pas l'homme, la sagesse non plus. La seule chose qui puisse pousser un être à changer, c'est l'amour." - Paulo Coelho

 

"J'ai la nostalgie d'une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes... une route qui conduise aux confins de la terre... où l'esprit est libre..." - Henry David Thoreau


"La mémoire nourrit une culture, alimente l'espoir et donne à chaque être sa dimension humaine" - Elie Wiesel

 

"Agissez pour ce monde comme si vous deviez vivre mille ans, et pour l'autre comme si vous deviez mourir demain." - Mahomet

 

"Je suis de la couleur de ceux qu'on persécute" - Alphonse de Lamartine

 

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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 10:57

 

 

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En parcourant une revue littéraire, je me suis aperçue que les Editions de L’Olivier publiaient les œuvres complètes de Raymond Carver.

Raymond Carver. Cela me ramenait trente ans en arrière. L’auteur phare de ma jeunesse. Un symbole, un mythe. Celui qui m’avait donné le goût de l’écriture. Auquel j’aurais tellement aimé ressembler. Poète, essayiste, nouvelliste, nombreux sont ceux qui l’ont taxé de minimaliste. Simpliste.

Si le style de Carver ne s’affirme pas en de longues phrases compliquées, il dévoile juste assez, juste bien, judicieusement ponctué. Une virgule suffit pour annoncer une catastrophe. Chez Carver, silence ne rime point avec quiétude mais avec lassitude, dépression. Par des formules apparemment banales il traduit tout un univers d’abandon, de trahison, de lâcheté et de solitude. Des vies ordinaires où l’amour, la violence, la douleur sont livrés à mots feutrés, sans fausse pudeur. Pas de destins grandioses chez Carver, seulement des êtres échoués au sein d’une existence médiocre, dérivant sans amour, pathétiquement accrochés à des rêves usés et des artifices insignifiants, noyant leurs désillusions dans toutes les ivresses, se déchirant entre eux avant de sombrer définitivement dans les abymes les plus sombres.

L’œuvre de Carver peut paraître mince car il n’a jamais franchi le pas de se mettre au roman. Mais ses nouvelles sont des instantanés frôlant la perfection tant il a été apte à capter les détails les plus infimes, les plus éphémères puis les traduire sans hypocrisie, juste tailler dans l’essentiel brut mais nantis d’une émotion renforcée par un point ou une virgule calculés au millimètre près. Des mots qui font mouche à chaque phrase, à chaque page. Des coups de poing auxquels on devient très vite accro. Un silence, un geste, trois mots, la marque de fabrique de Raymond Carver. Un écrivain culte.

 

 

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BIOGRAPHIE

 

Raymond Clevie Carver Jr est né le 25 mai 1938 à Clatskanie, dans l’Oregon, petite ville ouvrière située sur la rivière Columbia, et est décédé le 02 août 1988 à Port Angeles dans l’Etat de Washington.

Il a grandi à Yakima, dans l’Etat de Washington, où son père, alcoolique, était ouvrier dans une scierie et sa mère, parfois, serveuse ou vendeuse.

Scolarisé à Yakima, il découvre les nouvelles de Mickey Spillane lors de ses temps libres.

En 1956, alors qu’il n’a que 18 ans, il se marie avec son amie de lycée, Maryann Burk, âgée de 16 ans et enceinte. A 20 ans, il est déjà père de son deuxième enfant.

Après l’obtention de son diplôme au lycée de Davis, il s’occupe de sa famille et travaille comme portier, ouvrier dans une scierie ou vendeur. Maryann, quant à elle, est serveuse, secrétaire puis enseignante.

Après avoir déménagé en Californie, Raymond Carber s’intéresse à l’écriture et prend des cours d’écriture auprès du romancier John Gardner qui l’influença considérablement dans son œuvre. Il poursuit également ses études à l’université d’Etat de Chico puis à celle de Humboldt en Californie et, enfin, à celle de l’Iowa.

Dans les années 60, les Carver habitent à Sacramento où il travaille comme gardien de nuit à l’hôpital. Il en profite pour étudier à l’université d’Etat de Sacramento au sein de laquelle il apprend beaucoup du poète Dennis Schmitz. Son premier recueil de poèmes, intitulé « Near Klamath », est publié en 1968 par le club d’anglais de l’université d’Etat de Sacramento.

En 1967, il perd son père et publie son recueil de poèmes dans la collection Folley. La même année, il déménage pour Palo Alto, en Californie, car il a trouvé un poste de rédacteur à « Sciences Research Associates » qu’il exerce jusqu’en 1970.

Entre 1970 et 1980, comme sa carrière d’écrivain a enfin décollé, Raymond Carver enseigne dans diverses universités américaines. De 1980 à 1983, il est professeur d’anglais à l’université de Syracuse.

Toutefois, durant toutes ces années au cours desquelles il survit de divers emplois, élève ses enfants et s’essaye à l’écriture, Raymond Carver commence à sombrer dans la boisson. Il persiste à boire jusqu’en 1977, année durant laquelle il arrête grâce à l’aide des Alcooliques Anonymes.

En 1982, il divorce officiellement de Maryann. En fait, depuis 1979, il partage la vie de la poétesse Tess Gallagher qu’il a rencontrée à une conférence d’écrivains à Dallas. Ils se marient en 1988 à Reno, dans le Nevada.

Deux mois plus tard, il décède d’un cancer du poumon. Il n’avait que 50 ans et venait de rentrer à l’American Academy of Arts ans Letters.

Tess Gallagher a publié cinq histoires posthumes de Raymond Carver dans le recueil « Call if You Need Me ». L’une de ces histoires, « Kindling », remporta un O. Henry Award en 1999. Raymond Carver en avait déjà remporté six de son vivant.

 

 

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OEUVRES

 

NOUVELLES

 

- Tais-toi je t’en prie – 1976, 2010

- Furious Seasons – 1977

- Parlez-moi d’amour – 1981

- Les Vitamines du bonheur – 1983, 2010

- Eléphant – 1988

- Les trois roses jaunes – 1988

- Qu’est-ce que vous voulez voir ? – 2000

- Débutants – version originale de « Parlez-moi d’amour », 2010

 

RECUEILS

 

- Where I’m Calling From – 1988

- Neuf histoires et un poème – 1994 – Recueil des textes ayant inspiré le film de Robert Altman, « Short Cuts »

 

POEMES

 

- Near Klamath – 1968

- Winter Insomnia – 1970

- At Night The Salmon Move – 1976

- When Water Comes Together With Order Water – 1985

- Ultramarine – 1986

- A new Path To The Waterfall – 1989

- In a Marine Light – 1988

- All of Us - 1996

 

 

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CITATIONS DE RAYMOND CARVER

 

« Ton cœur, je le connais comme ma poche, ne l’oublie pas. C’est une jungle, une forêt noire. Une vraie poubelle, en un mot. » - « Intimité » dans « Les trois roses jaunes ».

 

« Ah chéri, je suis restée inconsolable si longtemps. Inconsolable, répète-t-elle. Inscris ce mot dans ton petit carnet. C’est le mot le plus triste du monde. Je parle d’expérience. » - « Intimité » dans « Les trois roses jaunes ».

 

« Je n’ai plus devant moi que le néant. Et il faut que je me débrouille avec ça. Plus de destin. Juste un enchaînement de petits faits qui n’ont d’autre sens que celui qu’on veut bien leur donner. Une vie machinale, sans objet. La vie de tout le monde. » - « Menudo » dans « Les trois roses jaunes ».

 

« Je voudrais être semblable à n’importe quel autre habitant de ce quartier : un type normal, banal, absolument quelconque. » - « Menudo » dans « Les trois roses jaunes ».

 

« En les imaginant en train de se bidonner, je n’ai pu me retenir de rire tout seul. Ah ! Ah ! Ah ! C’est exactement ce son-là que j’ai émis, assis à la table de ma cuisine : Ah ! Ah ! Ah ! , comme si j’avais appris à rire dans un livre. » - « L’éléphant » dans « Les trois roses jaunes ».

 

Pouët-pouët. Les historiens devraient user plus souvent de ce genre d’onomatopées. Pouët-pouët. Tut-tut. Bip-Bip. Surtout dans des moments graves : juste après un massacre, ou quand un terrible fléau menace d’anéantir une nation entière. C’est à de pareils moments qu’un mot comme pouët-pouët serait utile, et même salutaire. » - « Le bout des doigts » dans « Les trois roses jaunes ».

 

« … une idée germe en moi : celle que l’autobiographie est l’histoire du pauvre. » - « Le bout des doigts » dans « Les trois roses jaunes ».

 

« Suppose, suppose seulement que rien ne soit jamais arrivé. Suppose que c’était la première fois. Suppose seulement. Ca ne fait de mal à personne de supposer. Disons que rien ne s’était jamais passé entre nous, avant. […]

- […] Je n’ai plus le courage de faire des suppositions comme ça. On est nés ce qu’on est. » - « La maison de Chef » dans « Les vitamines du bonheur ».

 

« Elle se sentait consumée de l’intérieur, consumée d’une colère qui lui donnait l’impression d’être plus grande qu’elle-même… » - « C’est pas grand-chose, mais ça fait du bien » dans « Les vitamines du bonheur ».

 

 

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Si nous parlions d'amour ?


- Lequel d’entre nous connaît vraiment l’amour ? reprit Mel. J’ai l’impression que nous ne sommes que des débutants dans ce domaine. Nous disons que nous nous aimons et nous sommes sincères, je n’en doute pas. J’aime Terri et Terri m’aime, et vous deux, vous vous aimez aussi. Vous savez de quelle sorte d’amour je parle, un amour physique, cet élan qui vous attire vers telle ou telle personne, ainsi que l’amour que vous éprouvez pour l’autre tout entier, pour son essence même, à lui ou à elle. Il y a donc l’amour charnel et… appelons ça l’amour sentimental, les liens quotidiens qui vous attachent à l’autre. Mais parfois, j’ai peine à comprendre que j’ai dû aussi aimer ma première femme. Pourtant, je l’ai aimée, je le sais. Sur ce point, je crois que je suis comme Terri, dans ses rapports avec Ed. (Il réfléchit un instant et poursuivit.) A une certaine époque, j’étais convaincu d’aimer ma femme plus que la vie même. Mais à présent, je la déteste radicalement. Comment expliquez-vous cela ? Qu’est devenu cet amour ? Voilà ce que je voudrais savoir. Je serais heureux que quelqu’un me réponde. Et puis, il y a le cas de Ed. Oui, nous voici revenus à Ed. Il aime tant Terri qu’il essaie de la tuer et que, pour finir, il se tue lui-même. (Mel s’arrêta pour avaler une gorgée.) Et il y a vous deux qui êtes ensemble depuis dix-huit mois, toujours amoureux, cela se lit sur vos visages, vous en êtes illuminés. Mais avant de vous rencontrer, vous avez, chacun, aimé d’autres personnes. Vous avez été mariés, chacun de votre côté, tout comme nous. Et si l’on remonte plus loin, vous avez sans doute été amoureux avant de vous marier. Terri et moi vivons ensemble depuis cinq ans, sommes mariés depuis quatre, et ce qu’il y a de terrible, oui de terrible, mais aussi de bénéfique, comme une promesse de salut pourrait-on dire, c’est que si quelque chose arrivait à l’un de nous, pardonnez-moi de parler de ça, mais si quelque chose frappait demain l’un d’entre nous, je pense que l’autre souffrirait un certain temps, n’est-ce pas ? mais que le survivant ou la survivante recommencerait ensuite à sortir, retomberait amoureux ou amoureuse et ne tarderait pas à se remettre en ménage. Alors, tout ça, tout cet amour dont nous parlons ne serait plus qu’un souvenir. Est-ce que je me trompe ? Est-ce que je divague ? Corrigez-moi si vous jugez que j’ai tort. Je voudrais être fixé. Au fond, je ne sais rien du tout et je suis le premier à l’admettre.

 

Les Trois Roses jaunes - Menudo


 - Comment Oliver a-t-il pris la chose ? ai-je demandé.

Et brusquement, je me suis aperçu que les propos que nous tenions, nos visages tendus et inquiets ressemblaient en tous points à ceux des héros de ces feuilletons de l’après-midi dont il m’arrivait parfois de capter quelques bribes en pianotant de chaîne en chaîne.

Amanda a baissé les yeux et elle a secoué la tête, comme si ça lui faisait mal au ventre de se rappeler ça.


- Tu ne lui as pas avoué que c’était moi que tu voyais, n’est-ce pas ? Elle a secoué la tête une deuxième fois.

- Tu en es bien sûre ? ai-je insisté.

 

Elle s’est enfin décidée à lever les yeux de sa tasse de café.

 

- Ne t’inquiète pas, je n’ai prononcé aucun nom.

- Est-ce qu’il t’a dit où il allait et quand il comptait revenir ?

 

Je n’étais pas fier de m’entendre poser des questions pareilles. C’est de mon voisin, Oliver Porter, que je parlais. Un homme que j’avais quasiment mis à la porte de sa propre maison.

 

- Il est allé dans un hôtel, mais il ne m’a pas dit lequel. Il m’a dit qu’il me donnait une semaine pour prendre mes cliques et mes claques et m’en aller. Que dans sept jours, il faudrait que j’aie disparu de sa maison et de sa vie. Il y avait quelque chose de biblique dans sa manière de me dire ça. Je suppose que le huitième jour, il rentrera. Alors il faut qu’on prenne une décision très vite, chéri. Il faut qu’on saute le pas, ça ne peut plus attendre.

 

A présent, c’était à son tour de me dévisager. Et je sais bien ce qu’elle cherchait : un signe qui lui aurait dit que j’étais prêt à tout lui sacrifier. J’ai marmonné : « Une semaine… », et j’ai baissé le nez sur ma tasse.

 

 

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Raymond Carver avec son épouse, Tess Gallagher

 



Par Savannah - Publié dans : Héros - Ecrire un commentaire
Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 13:18

 

 

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Ce poème fut écrit par William Ernest Henley en 1875 tandis qu'il séjournait à l'hôpital suite à l'amputation d'un pied, opération consécutive à une tuberculose osseuse diagnostiquée à l'âge de 12 ans. Célèbre dans la culture populaire anglo-saxonne, ce poème est cité à de nombreuses reprises dans le film éponyme de Clint Eastwood. C'est par ailleurs le poème préféré de Nelson Mandela.

 

Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,

Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,

En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,

Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

 

 

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Par Savannah - Publié dans : Poèmes - Ecrire un commentaire
Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 21:47

Cette année, pour Noël, j'ai encore créé des bougies mais également des planches de scrapbookings dédiées à tous ceux que j'aime, des magnets et même des calendriers qui sont partis en Afrique dans ma belle-famille qui, plus encore que mes parents français, apprécie mes petites oeuvres simples.

 

 

 

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Mon jardin

 

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Montage utilisé pour la couverture d'un calendrier

 

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Montage utilisé pour la couverture d'un calendrier

 



Par Savannah - Publié dans : Créations - Ecrire un commentaire
Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 22:52

 

 

DAVID SERVAN SCHREIBER6

 

 

« Je n’ai jamais connu le stress avant de venir en Occident ! » Kalson est orphelin, il a quitté son Tibet natal à l’âge de 8 ans en échappant aux gardes-frontières chinois, il n’a jamais eu de papiers officiels. Quand je l’ai rencontré, il vivait à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, dans l’une des agglomérations qui accueillent le plus de réfugiés tibétains, et il était proviseur d’une école de plusieurs milliers d’enfants, dont des centaines d’orphelins comme lui. Jamais de stress ? Comment pouvait-il être sérieux ? Kalson m’a alors raconté ses deux années aux Etats-Unis, où il a passé une maîtrise de sciences de l’éducation grâce à une bourse internationale. « Je vivais avec des étudiants américains. Quoi que nous fassions, ce n’était jamais assez. Nous étions au supermarché, il fallait se dépêcher pour préparer nos devoirs ; nous étions en train de travailler, il fallait terminer au plus vite parce que des amis allaient arriver pour regarder un match à la télévision ; nous regardions le match, les commentateurs disaient que le véritable événement serait le prochain match, et qu’il fallait commencer à s’y préparer… »

Comment en sommes-nous arrivés là ? Nous, les sociétés les plus riches du monde ; nous, que des milliards d’habitants de la planète envient, comment pouvons-nous être plus stressés que des réfugiés qui doivent chaque jour faire face à la pénurie de l’essentiel, y compris, parfois, de l’eau ?

L’écrivain suisse Alain de Botton expliquait dans l’un de ses essais qu’une fois nos besoins de base assurés (pour se protéger contre la faim, le froid et la violence), et en dehors de l’amour romantique et de la sexualité, notre plus grande nécessité est l’acceptation et la reconnaissance par ceux qui nous entourent.

Or, pour savoir si nous « comptons », ou pas, nous n’avons pas d’autres moyens que de regarder ce que font les autres – ceux que les sociologues appellent notre « groupe de référence » - et de nous conformer à eux autant que possible. Il s’agit le plus souvent de nos voisins, de nos amis, des gens avec qui nous avons grandi. S’ils ont une maison de campagne, s’ils mangent bio, s’ils ont un 4X4, s’ils parlent anglais couramment, s’ils font du yoga, si leurs enfants jouent du piano…, alors nous devons tant bien que mal « rester au niveau ». Et pour cela, il faut courir. Tout le temps. Et encore, cela suffit rarement. Malgré toutes les difficultés traversées par mon interlocuteur tibétain, il n’avait pas le sentiment, lui, de devoir courir pour être considéré par ceux qui l’entouraient. Peu importait son salaire ou le fait qu’il n’ait pas de voiture. Il savait qu’il « comptait » sans avoir besoin d’en faire plus.

Alors, nous qui vivons dans une société qui mesure la valeur de chacun à son niveau de productivité et à l’accumulation de ses activités, sommes-nous condamnés au stress ?

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à avoir compris que la vraie richesse se mesure à la qualité de nos rapports humains. Et cela, nous pouvons en partie le décider. Nous pouvons choisir nos valeurs, choisir notre comportement, choisir nos amis. Et nous pouvons élever nos enfants dans le respect de ces choix. Finalement, sur notre lit de mort, le seul jugement qui nous restera sera celui-ci : avons-nous su aimer et être aimé ? Avons-nous su « être là », ou avons-nous pensé, tout au long de notre vie, au prochain match ?...     

 

 

Cet article de David Servan-Schreiber est paru dans le Psychologies Magazine du mois d'octobre 2010.

 

 

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Par Savannah - Publié dans : Textes - Ecrire un commentaire
Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 20:39

 

 

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Depuis plus de deux ans, au fil de mes chroniques toujours brillantes, je suis apparu comme quelqu'un de drôle, sensible et intelligent. Je sais très bien que les gens achètent Psychologies uniquement pour me lire, et parfois même, ils font semblant d'avoir des problèmes existentiels pour pouvoir justifier l'achat. Je ne peux pas les blâmer. Mon formidable roman La Délicatesse, un bijou d'émotion et d'humour, remonte à quelques mois déjà. Alors mes lecteurs fanatiques se rabattent sur ces quelques lignes mensuelles. Que voulez-vous ? Les gens m'adorent. La preuve : j'ai des milliers d'amis sur Facebook. Et je ne vous parle pas de mon succès auprès des femmes...

Bon, ça suffit comme ça ! J'imagine ce que vous vous dites. Le pauvre chroniqueur a été victime d'une longue série d'insolations pendant l'été. Il a été frappé par une sorte d'"alaindelonite" aiguë (tiens, j'invente un symptôme !). Je vous imagine choqués par autant de suffisance, et vous avez raison !

Cela dit, les gens qui se vantent m'ont toujours impressionné. On les connaît, ceux qui se perfusent à l'autocompliment, ceux qui ne peuvent pas commencer une phrase sans dire : "Moi, je" ou "Moi j'ai fait ci et j'ai fait ça". Ils sont sûrement nés sans le gêne de la pudeur. Je me demande si cette capacité-là n'est pas l'un des ingrédients du bonheur. Se persuader d'être formidable est la meilleure route pour être sûr de soi. Ca serait comme une forme de méthode Coué pour ne jamais douter de la justesse de nos pensées et de nos actes. Et si on faisait tous ça ? Voilà une belle manière d'aborder la rentrée ! Pétrissons-nous d'amour pour nous. Nous sommes les plus beaux ! Et nous sommes les plus forts ! Septembre devrait être le mois de notre gloire. On devrait créer une journée de l'ego.

Une journée rien que pour soi. Une journée où l'on se bichonnerait. On se regarderait dans le miroir, et l'on se dirait à quel point on est grandiose. Et beau. Et intelligent. Une journée à se faire plein de bisous sur la main. Mais pour ne pas que ça tourne au ridicule, cette journée pourrait aussi être celle où l'on vante les mérites de nos proches. On s'enverrait des déclarations d'admiration les uns les autres. Je pourrais dire à ma fiancée qu'elle est très belle, à mon fils qu'il est le soleil de ma vie, à mon frère que je suis fier de travailler avec lui, à mon boulanger qu'il fait un pain fabuleux, à ma voisine qu'elle a une façon si élégante d'appeler l'ascenseur, etc.

Et je pourrais dire à ma mère qu'elle a... un fils formidable ! Et moi, ce jour-là, j'espère que je recevrais plein de messages de lecteurs de Psychologies qui me diraient : "Votre chronique est formidable. J'achète le journal uniquement pour vous lire."

 

Chronique de David Foenkinos parue dans le "Psychologies Magazine " du mois de septembre 2010.


 

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Par Savannah - Publié dans : Textes - Ecrire un commentaire
Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 14:27

 

 

DAVID SERVAN SCHREIBER

 

 

Aujourd'hui, je crois que ce que l'on a appelé pendant des siècles "trouver Dieu", c'est trouver un sens à sa vie. Trouver ce qui peut l'enrichir. Une nouvelle perspective est née des neurosciences ces vingt dernières années : ce qui nourrit notre vie, ce n'est pas la raison pure, mais bien l'équilibre de notre cerveau émotionnel. Et de quoi celui-ci a-t-il besoin ? De connexions avant tout, de relations. Il en trouve dans quatre domaines, et seulement quatre.

La corporalité. Si nous ne nous autorisons pas à goûter, sentir, toucher, écouter, regarder, rire - et même souffrir - en portant toute notre attention sur le moment présent, alors nous ne sommes pas connectés à notre corps. Le sport, comme toute activité physique, engage à la fois notre attention, notre souplesse et notre force : il est une autre façon de se lier à soi. La méditation ou l'écoute attentive de l'autre sont aussi des manières de nous abreuver à cette première source de sens qu'est la corporalité.

L'intimité. Naturellement, l'Amour (avec un grand A), l'amour romantique, éperdu, est une manière extraordinairement efficace de nous remplir de sens. Lorsque nous nous regardons dans les yeux et sentons nos coeurs battre plus fort, nous ne nous posons plus aucune question existentielle. Plus généralement, tout ce qui nous implique dans une relation intime nous ancre dans l'existence avec solidité. Il n'y a pas de doute sur le sens de la vie lorsqu'on prend la main de son enfant pour l'emmener pour la première fois à l'école, ou lorsqu'on le regarde chanter dans une chorale. Tous ceux dont nous nous sentons proches nous relient à la vie et lui donnent du sens.

La communauté. Je me souviens d'un patient de 30 ans dont l'espérance de vie était limitée à quelques mois par un cancer. Il ne travaillait plus et se morfondait dans l'angoisse de la mort, devant la télévision. Il avait fini par proposer au centre communautaire de son quartier de réparer bénévolement son système d'air conditionné. Il s'y rendait presque tous les jours pendant plusieurs heures. On le saluait par son nom lorsqu'on le croisait dans les couloirs. On l'appelait lorsqu'il oeuvrait sur le toit pour lui apporter à manger ou à boire. En quelques semaines, son anxiété était dissipée, même si sa maladie ne faisait qu'empirer. Il avait trouvé du sens, un sens qui lui avait toute sa vie manqué terriblement. Il avait suffi qu'il s'engage pour sa communauté , pour les autres. Suffi, au fond, qu'il se sente utle, apprécié. Nous sommes tous come lui. Nous avons besoin de sentir que nous contribuons à quelque chose dans la société des hommes et des femmes dont nous faisons partie, et qui appartiendra demain à nos enfants.

La spiritualité. Il est possible de se sentir relié à une dimension qui existe au-delà de celle du corps, de celle des êtres ou de celle de la société des hommes. Pour certains, la plus grande source de sens est le sentiment d'être en présence de quelque chose de bien plus grand que tout cela. Même si cette présence s'appelle souvent Dieu (ou Yahvé, ou Allah), elle apparaît simplement face à la nature, ou dans certains lieux qui nous rappellent combien nous sommes insignifiants dans l'univers ou dans l'immensité du temps : devant le Grand Canyon, à Jérusalem, ou face au ciel éclatant d'étoiles de Dharamsala. Etrangement, c'est au moment précis où nous éprouvons ce sentiment de petitesse que, simultanément, la vie, elle, semble remplie de sens, et nous avec.

 

Cet article de David Servan-Schreiber est paru dans le "Psychologies Magazine" du mois de septembre 2010.

 

 

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Par Savannah - Publié dans : Textes - Ecrire un commentaire
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